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Vincent Dereux – Directeur de CILA - en quelques mots…

 

Au fil d’un entretien sans filtre, un acteur du recyclage nous fait découvrir son univers en 10 mots. Donner une seconde vie aux huiles industrielles c’est l’objectif de Vincent Dereux, directeur de CILA, qui se prête au jeu de l’interview.

 

HISTOIRE. « CILA est une entreprise historique datant des année 1928, spécialisée dans la régénération des huiles industrielles claires usagées. Aujourd’hui, nous valorisons des « huiles claires » qui sont des déchets, en opposition aux « huiles noires ». Les huiles que nous récupérons sont polluées par de l’eau et par des particulaires. »

 

PROCESS. « L’huile entre dans notre process : nous la déshydratons, la filtrons et la réadditivons au besoin. Elle est ensuite revendue en tant que produit tel que de l’huile de base, de chaîne de tronçonneuse, de décoffrage de béton, etc. »

 

PARCOURS. « J’ai un profil technique, avant j’étais chargé d’affaires dans une entreprise qui faisait du contrôle des émissions dans l’atmosphère dans tout le Nord-Pas-de-Calais. En arrivant chez CILA il y a 12 ans, j’avais donc déjà cette appétence au monde industriel et aux problématiques environnementales, c’est donc tout naturellement que j’ai intégré l’entreprise suite à l’identification d’une problématique environnementale. Les huiles étaient chauffées pour ensuite être filtrées et déshydratées ce qui générait des nuisances environnementales. L’un de mes premiers projets était donc de trouver une solution pour régénérer l’huile d’une manière douce. En déshydratant les huiles plutôt à 60 ou 50 degrés en vase fermé, nous sommes parvenus à séparer l’eau qui est contenue dans l’huile à des températures plus basse. Et en 2017, j’ai repris la direction suite au départ en retraite de mon beau-père. »

 

MOTIVATION. « Redonner une seconde vie à une huile usagée. »

 

VISION. « Il y a 20 ans, les industriels voyaient les mesures environnementales comme une contrainte et finalement nous constatons aujourd’hui que cela devient nécessaire et vertueux de générer moins de pollution. Les industriels prennent conscience qu’ils doivent réduire leurs émissions. » 

 

FIS. « Optimiser le traitement et la réduction des déchets ! Par rapport aux réglementations, notre stratégie est d’être en permanence en veille. Il faut savoir être proactif ! Comme nous proposons un produit usagé auquel on va donner une nouvelle vie, il faut pouvoir proposer à nos clients une huile qui soient conformes à leurs exigences, ainsi qu’à la réglementation en vigueur. »

 

INNOVATION. « Le processus est encore amené à évoluer pour mettre en place les meilleures techniques. La prochaine étape, le déménagement du site industriel qui nous permettra d’investir dans du matériel qui permettra de toujours mieux valoriser les huiles et de proposer une gamme de produits régénérés plus étendue à nos clients. Cela passera aussi par le développement du laboratoire. »

 

JEUNES DIPLÔMÉS. « Pour travailler dans ce domaine, il faut connaître la réglementation déchet et la réglementation produit.  Il faut être curieux et vouloir optimiser les solutions et participer à un effort collectif du recyclage. »

 

TEAM2. « TEAM2 nous apporte du conseil et un service de veille autour de l’économie circulaire. C’est aussi un grand réseau sur lequel nous pouvons nous appuyer. »  

 

2021-2022. « Aujourd’hui, nous avons un projet ambitieux qui est le déménagement du site industriel. Le site actuel est ancien et enclavé dans l’urbain. Nous souhaitons pouvoir nous agrandir afin d’optimiser notre outil de production mais aussi développer la partie laboratoire pour avoir une meilleure connaissance de nos produits et ainsi proposer des huiles régénérées ayant les mêmes caractéristiques qu’un produit neuf. Pour cela il est important de savoir se donner les moyens de la mesurer en laboratoire. »

Propos recueillis par Antoine GARANDEAU et Lise DEBRUYNE / Date de publication : 18 novembre 2021